Turquie & Etat Islamique, dans le secret des échanges...

altLa rumeur courait depuis plusieurs jours déjà. A l'instar de nombreux médias, le Centre avait reçu des renseignements allant dans ce sens: la libération, le 20 septembre 2014, des diplomates turcs et de leurs familles jusqu'alors détenus par l'Organisation de l'Etat Islamique (OEI) ne s'est pas faite sans contreparties.

Dès le 23 septembre, des informations se mettaient à circuler: il y aurait eu échange. Les diplomates turcs auraient été retournés à leur pays contre des membres de l'Etat Islamique, détenus en Turquie. Vue de la Suisse, l'information demeurait intéressante, mais sans lien direct avec notre pays. C'est alors que vint "la" liste, plus exactement une liste de dix noms; deux ressortissants britanniques, deux français, un belge, deux suédois et deux citoyens macédoniens. 

Aucun des noms contenus dans ce document ne nous était connu.

Nous avons alors travaillé de concert avec nos collègues européens, dont un compagnon de longue date, emmejihad. Le premier, il put authentifier l'un des noms contenus sur la fameuse liste. Après recherches et vérifications, il confirma et la présence sur zone, et l'inclusion dans cet échange secret, de Johan Castillo Boens. 

A ce stade, nous ne pouvions toujours pas déceler de lien avec la Suisse. 

Vint ce jour du 2 octobre 2014; une question reçue puis, dans sa continuité, une copie d'écran. 

Nous tenions notre lien avec la Suisse. 

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Ces quelques messages confirmèrent ce que nous supposions: Gendrim Ramadani (sur la connection de Gendrim Ramadani et la Suisse, lire ici, et fut pressenti pour cet échange. Et s'il ne fit finalement pas partie des quelques 180 combattants et sympathisants de l'OEI sortis des geoles turques pour être rassemblés à Van, avant que d'être renvoyés en toute discrétion;  ce ne fut pas parce que l'Organisation de l'Etat Islamique l'avait oublié mais très certainement parce que la Turquie, pays dont la mémoire est fort longue, laisse rarement la mort de des enfants impunie.