Le T-Bird, ou "Terrorism Bird" présente un choix d'articles, de liens ou de commentaires préparés par le GCTAT, liés à l'actualité immédiate.

T-BirD #10 / Vol.2, 19 janvier 2012

altUne livraison tournant presque exclusivement autour de la lettre "t". Le "t" décliné en un T-BirD, consacré aux TTP et conçu comme un tryptique.

Un premier feuillet pour égrener l'énième mais néanmoins conditionnelle éloge funèbre d'Hakimullah Mahsud, chef contesté et contestable des Tehrik e Taliban Pakistan (TTP).

Un second panneau liste les groupes proches des TTP et qui opèrent à Karachi, mégalopole interlope et épicentre, comme nous l'apprend le billet choisi, d'une myriade de cellules délocalisées mais toutefois franchisées. Le déplacement des uns et des autres en direction des zones urbaines serait directement lié aux frappes de drones (Waziristan). Certains militants de Qa'idat al-Um feraient d'ailleurs partie de ces "exilés intérieurs". 

En finale, un rappel, afin que chacun se remémore qu'informer est parfois périlleux; lorsque pratiqué en zones grises sinon de guerre, le métier de reporter peut être mortel.

Excellente lecture à toutes et tous.

 

T-BirD #10 / Vol.2, 10 janvier 2012

T-BirD #08 / Vol.2, 13 janvier 2012

altIl y a peu l'organisation al-Qa'ida aux Pays du Maghreb Islamique (aQMI) transmettait à ANI (Agence Nouakchott d'Information)1) par voie électronique, le communiqué suivant :

De sources fiables, nous avons eu vent de mouvements d'unités militaires croisées de l'OTAN avec à leur tête la France, (assistée de) ses laquais régionaux l'Algérie et la Mauritanie. Ces mouvements indiquent l'imminence d'une opération militaire ciblant nos unités et ayant pour but la libération des ressortissants occidentaux détenus par notre organisation.
A l'évidence, ni la France ni ses agents n'ont tirés les leçons de leurs folies passées; (folies) qui ont conduit à la mort de prisonniers français au Niger et au Mali.

Dégageant notre responsabilité de ce qui pourrait advenir, nous souhaitons attirer l'attention des familles de (nos) prisonniers en France, en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas et en Suède.

Nous déclarons donc ce qui suit:

  1. Nous adressons un avertissement solennel aux gouvernements français, britannique, néerlandais et suédois. Autoriser une telle opération reviendrait à endosser la responsabilité pleine et entière de la mort éventuelle de leurs concitoyens.
  2. La mort des otages éclabousserait tous ceux qui prendraient part à une telle opération. Les Européens et leurs laquais de la zone sahélo-saharienne porteront la pleine et entière responsabilité des conséquences d'un tel acte.
  3. Les moujahedin ne souhaitent pas d'issue funeste et plaident pour une solution juste et pacifique de la question des otages. Ils font donc appel aux familles, les adjoignant de solliciter leur(s) gouvernement(s) respectifs afin qu'ils abandonnent toute idée d'intervention; cette dernière conduisant inévitablement à la mort des leurs.
  4. Nous appelons les médias européens à souligner les risques politiques de l'action initiée par leurs gouvernants qui jouent ainsi avec la vie de leurs concitoyens.

Enfin, à la France et à ses alliés nous disons:

"Combien de folies avez-vous (déjà) commises par le passé ? Ne ressentez-vous pas le besoin de réadapter les politiques mises en oeuvre à l'encontre des moujahedin ?

Un homme averti en vaut deux. 

Le T-Bird du jour est donc logiquement consacré à ce thème, plus précisément aux révélations faites au juge d'instruction français Jannier par Mohamed al-Amine Ould Mohamedou ould M'Balle, arrêté à Nouakchott courant février 2011 et membre de l'unité d'aQMI responsable de l'enlèvement, le 07 janvier 2011, puis de la mort d'Antoine de Léocour et de Vincent Delory. 

Malgré sa briéveté, le communiqué ci-dessus n'est pas sans rappeler le texte diffusé par aQMI le 13 janvier 2011. Intitulé "Revendication de l'enlèvement des deux français au Niger et divulgation du second acte déraisonnable de la France", ce texte ne peut pas ne pas être comparé à l'ultime opus de l'organisation al-Qa'ida aux Pays du Maghreb Islamique; forme et fond...Ce texte (et sa version arabe) sont annexé au T-BirD # 08.

 

Méditative lecture à toutes et tous.

 

T-BirD #07 / Vol.2, 12 janvier 2012


1) Mais également, si l'on doit en croire le bref article de Jeune Afrique (voir ici), à l'agence AFP de Rabat, Maroc.  

T-BirD #07 / Vol.2, 11 janvier 2012

2altEn matière de terrorisme rien, jamais, n'est entièrement noir; rien, jamais n'est définitivement blanc. Le T-BirD du jour est tout entier construit autour de cette idée. Un cas, un seul, occupe l'entier de ses pages.

Il s'appelle Adlène Hicheur et non, il n'a jamais commis le moindre attentat. Chercheur en physique nucléaire, détaché auprès du CERN il a néanmoins entretenu quelques amitiés virtuelles "sulfureuses". C'est l'écheveau de son "autre" histoire que dévide ces quelques lignes.

Excellente lecture à toutes et tous.

 

T-BirD #07 / Vol.2 11 janvier 2012

T-BirD #06 / Vol.2, 10 janvier 2012

altaltLe T-BirD du jour est tout entier consacré au Mouvement pour l'Unicité et le Jihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO, en arabe Jama'at Tawhid wal Jihad fi Garbi Afriqqiya).

Onze pages pour résumer les informations disponibles sur le dernier-né des mouvements jihadistes opérant en Afrique sub-sarienne et perçu déjà (un peu hâtivement ?), comme une dissidence de l'organisation al Qa'ida aux Pays du Maghreb Islamique (aQMI).

Avant que d'être acronyme, le MUJAO fut d'abord une action: l'enlèvement, le 23 octobre 2011, de deux ressortissants espagnols et d'une citoyenne italienne dans la région de Tindouf, Algérie.

Il se fit revendication le 13 décembre 2011, après qu'un intermédiaire du groupe a permis le visionnement d'une première bande vidéo par un journaliste de l'AFP,

Il prit corps enfin, aux alentours du 30 décembre 2010: ses chefs auraient noms Hamada Ould Mohamed Kheirou alias Abou Qumqum, Sultan Ould Badi et Ahmed al-Telemsi al-Munhadir. A lire les articles parus depuis "l'incarnation" du MUJAO et rassemblés (pour partie) dans le présent T-BirD, l'on reste sur sa faim et tout cela demeure, ma foi, "un peu court". 

Pourtant, en cherchant un peu on pouvait dire... oh ! Dieu ! ... bien des choses en somme... En variant les sources, —par exemple, tenez: 1)

  • Que Kheirou est également connu sous le pseudonyme d'el Gha'egha et qu'il fut lié à Mokthar Belmokthar, chef de la première unité sahélienne (la Katibat al-Moulathamoune) de l'aQMI.
  • Que Sultan Ould Badi fut traqué par le FBI, trempe (aussi) dans divers trafics d'armes et  fut un proche d'Abid Hammidou alias Abou Zaid, chef de la seconde grande unité sahélienne (la Katibat Tarek Ibn Zyad) de l'aQMI 
  • Qu'Ahmed al-Telemsi al-Munhadir est peut-être originaire de la région de Tarkint, dans le Nord du Mali.

Et nous le dirons. Toutefois cela se fera dans un autre contexte. En attendant, excellente lecture à toutes et tous.

 

T-BirD #06 / Vol.2, 10 janvier 2012



1) La partie de la phrase écrite en italique reprend les deuxième et troisième vers de la superbe Tirade des nez (acte1, scène 4) du "Cyrano de Bergerac" d'Edmond Rostand. La partie rédigée en italique et en caractères gras représente la portion librement adaptée du troisième vers.

T-BirD #05 / Vol.2, 09 janvier 2012

altDébut décembre 2011, l'un des correspondants du GCTA actif en Afrique sub-saharienne nous transmettait le commentaire suivant au sujet des Boko Haram:

Plus imposant voisin du Niger, le Nigéria partage avec le premier de nombreuses influences et de multiples points de convergence. Les échanges commerciaux tout comme les brassages culturels y sont considérables; au Niger, dans les régions frontalières de Maradi, Zinder et Diffa, l'on retrouve des modes de culture et de vie similaires à ceux du Nigéria. Les populations locales appartiennent aux mêmes tribus, les Haoussa, et les Kanouri.

Fortement représentée au sein des Boko Haram, l'ethnie Haoussa sert aussi de trait d'union à la mouvance lorsqu'il s'agit pour elle d'opérer des deux côtés de la frontière. De fait, nombre de ses bases arrières se situent dans les villes du sud Niger. Selon certaines sources, le numéro deux de la mouvance Boko Haram vivrait  ainsi à Diffa, au vu et au su des autorités locales.

Dans cette même zone transfrontalilère, la mouvance peut compter sur l'appui de mouvements fondamentalistes influencés par la pensée (et les fonds) wahhabites: les sectes Kala-Kato, également connues sous le nom de Maitatsine ou d'Izalas (les Izalas ont, il y a peu tenté de créer un parti islamiste au Niger).

Fortement implantées dans les régions le sud du Niger (Diffa, Maradi, Zinder), Maitatsine et Izalas agissent comme autant de vecteurs de communication et de diffusion du message, des idées de la  mouvance Boko Haram; affirmation de la nécessité du port du voile intégral pour les femmes (voire même dès l'âge de cinq ans pour les fillettes) et la diffusion de la propagande fondamentaliste (cassettes audios distribuées par des marchands ambulants) jusque sur les marchés de Niamey.

La montée en puissance, dans le Sud du Niger et au Nigéria, de ces deux sectes est préoccupante. Elle l'est d'autant plus que les efforts d'endiguement des gouvernements locaux se heurtent désormais à la campagne de violences sans commune mesure initiée fin 2011 par les Boko Haram. Ce sont les (trop) nombreux épisodes de cette dernière que relatent les articles du T-BirD du jour.

Forte des relations établies avec les réseaux de l'organisation al-Qa'ida aux Pays du Maghreb Islamique(aQMI)1) et des savoir-faire opérationels glânés auprès des shabaab somaliens, la mouvance Boko Haram peut ni ne doit plus être sous-estimée. Excellente lecture à toutes et tous.

 

T-BirD #05 / Vol.2, 09 janvier 2012


1) Les spéculations les plus diverses ont été avancées quant à l'étendue et la profondeur des relations des Boko Haram et des réseaux de l'organisation al Qa'ida aux Pays du Maghreb Islamique (aQMI). Selon une source locale bien informée, les forces de sécurité nigérianes auraient eu l'opportunité (dès 2008), d'exploiter et d'analyser les mémoires de téléphones portables collectés sur des membres de Boko Haram. Les répertoires de ces appareils auraient contenus différents numéros de téléphone satellitaires attribués à des cadres et  membres de la branche sahélienne de l'aQMI.

T-BirD #04 / Vol.2, 05 janvier 2012

altConsidérez le T-BirD d'hier comme  une mise en bouche légère.

Une liminaire incursion, furtive et brève, dans ce qui reste pour la plupart d'entre-nous, un univers paralèlle. Un monde qui n'est pourtant que l'écho, lointain et parfois furieux, généré (aussi mais pas seulement) en réponse aux nombreux sites et blogs vouant, dans un même élan Islam, islamisme(s), jihadisme(s) et autre(s) qa'idisme(s) aux gémonies infernales.

Les sites et pages qui façonnent cet autre "côté du miroir" ont nom shamikh, muslm.net ,  hanein.info ou encore as-ansar.

Dès lors, acceptez la livraison du jour comme un hors-d'oeuvre substantiel (le meilleur reste à venir).

Dans "Le terrorisme au nom du Jihad", Philippe Migaux présente un résumé saisissant des fondements et des enjeux présentés par le web et la blogosphère jihadiste :

Les sites web salafistes sont devenus le vecteur privilégié de la propagande jihadiste. Trois catégories se superposent sur internet. Les premiers s'adressent à leurs adversaires qu'ils essaient de convaincre pour mieux les désinformer. Ils ne célèbrent en aucun cas le Jihad, mais essaient de retourner à son profit l'argumentaire des Droits de l'homme, en développant deux thèmes: la liberté d'expression doit permettre aux dogmes fondamentalistes de la religion musulmane de s'exprimer, fussent-ils contraires aux valeurs démocratiques ou aux lois nationales (application intra-communautaire de la sharia, port du voile, statut de soumission de la femme etc.), et la défense des prisonniers islamistes, présentés comme des martyrs de leur foi. Les sites de second type s'adressent à l'ensemble de l'umma en détournant le message de l'Islam. Ils justifient la violence en offrant aux musulmans une histoire et une identité alternatives. Celles-ci justifient la révolte contre le joug des infidèles. Elle passe par le Jihad qui s'inscrit dans le chemin tracé par Dieu au Prophète. Enfin les troisièmes sont destinés aux seuls partisans de la mouvance. Ils mettent en scène de nouveaux modes de propagande, où alternent, dans un montage aujourd'hui parfaitement rôdé, appels à la violence, informations techniques, scènes héroïques de combat et spectacles d'otages civils apeurés suppliant d'échapper à l'exécution. 1) 

A l'instar de tout autre monde virtuel, la jihadosphère possède ses codes, ses chantres et ses hérauts.

Abou Doujana al-Khorasani était l'un de ces hérauts du jihad avant que de poser la plume et de brandir le sabre et, finalement, de pouvoir atteindre un statut si particulier et fort bien décrit par Jarred Brachman   dans l'un des articles du présent T-BirD :

When Humam Khalil al-Balawi exploded himself at a CIA base in Khost, Afghanistan, last month, killing seven CIA officers, his suicide attack did not just have repercussions for the NATO effort in Afghanistan -- it also represented a giant leap forward for al Qaeda's global Internet movement. In the minds of Web jihadists, Balawi was more than just another suicide operative. He was one of them, someone whose thinking they trusted, knew intimately, and had been reading for years. 2)

Assad al-Jihad2 n'est pas (encore) mort en martyr. Il n'en est pas moins "le" chantre du jihad par excellence.

Lui seul pouvait, comme il le fit, proposer un sondage sur les conséquences potentielle de  la mort du cheikh Oussama Ben Laden (ce que d'aucuns lui reprochèrent amèrement, Assad al-Jihad2 ayant proposé son questionnaire avant que les instances dirigeantes de Qa'idat al-Um n'aient officiellement reconnu sa mort).

Supputé membre d'al Qa'ida (certains analystes l'ont soupçonné d'être Abou Jihad al-Masri), le lion du Jihad (son nom se traduit ainsi) écume la toile depuis maintenant plusieurs années. Ses contributions font autorité et chaque nouvelle publication claque haut et fort dans la blogosphère jihadiste.

Nous y reviendrons dans une prochaine Note du Centre (le plat de résistance suggéré plus haut). Pour l'heure, nous vous invitons à explorer (brièvement) le parcours et les idées de celui qui, nul doute à ce sujet, fut l'un des modèles d'Ansar (voir le T-BirD d'hier, ici).

Excellente lecture à toutes et tous.

 

T-BirD #04 / Vol.2, 05 janvier 2012


1) Migaux, Philippe; Le terrorisme au nom du Jihad; André Versaille éditeur; Bruxelle; 2009. p. 118

2) Brachman, Jared; Al Qaeda's Armies of One - Meet the next generation of jihadi pundits; Foreignpolicy.com; January 22, 2010. Januar.

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